Entretien
avec Jean-Pierre Page sur le Sri Lanka
A
l'heure où, de nouveau, sous des prétextes humanitaires, les
ex-puissances coloniales parlent d'interventions dans les affaires
intérieures d'un pays, cette fois-ci de la Libye, force est de
constater que la liste des Etats qui se trouvent sur la liste des
interventions potentielles est beaucoup plus longue. Et qu'elle varie
non pas en fonction de la situation réellement existante dans ces
différents pays situés sur tous les continents, de Cuba à
l'Afghanistan, et de la Biélorussie à Sri Lanka, mais de leur
position stratégique et/ou des richesses qu'ils contiennent et qui
permettraient aux puissants de s'enrichir et surtout, de contrôler
l'approvisionnement des « Etats émergents » qui risquent
à terme de contrebalancer leur influence. C'est dans ce contexte là
qu'est apparue la question de Sri Lanka, question qui émerge sur la
scène médiatique au gré des rapports de force internationaux.
Question que nous avons déjà traitée alors que la guerre se
terminait dans ce pays, mais qui resurgit depuis périodiquement, malgré la paix.
Il
arrive que nous traitons de questions « à chaud », mais,
dans l'ensemble, nous préférons amener nos lecteurs à réfléchir
à chaque question d'importance stratégique avant qu'elle ne
dégénère dans un climat d'affectivité et de fébrilité imposé
par ladite « communauté internationale » et ses relais
médiatiques. « Communauté » qui se résume souvent aux
seules puissances occidentales et à leurs Etat-clients. Et c'est
précisément de cela qu'il s'agit aussi à Sri Lanka, où les
« bonnes âmes » sont sollicitées pour prendre position
contre un Etat qui a réussi à préserver son intégrité
territoriale dans le cadre d'un système de représentation populaire
ouvert à toutes les composantes ethniques, idéologiques,
religieuses de sa population.
Ne
soyons donc pas étonnés si dans les pays du vaste Sud, la sympathie
à l'égard de Sri Lanka est générale, et en particulier dans les
milieux engagés dans la lutte pour le progrès social et la
souveraineté nationale, alors qu'il n'en va pas toujours de même
dans les pays occidentaux où les opinions, même progressistes, sont
travaillées en permanence par des lobbies
qui prolifèrent sur la base de conceptions implicitement
néocoloniales, partant du principe que les peuples du Sud ne sont
pas vraiment « mûrs » pour la liberté, et que les
divisions ethniques ou religieuses y sont là-bas, « naturelles »,
et « naturellement sauvages ». Vieux dogmes racistes et
colonialistes qui impliquent la logique des ingérences
« humanitaires », néocoloniales.
Il
en va ainsi à Sri Lanka, pays dont l'importance stratégique au
coeur de l'Océan indien saute aux yeux, et qui a réussi à
retrouver la paix, tout en menant une politique de non alignement
ayant permis le développement de coopérations avec tous les Etats,
y compris donc avec ceux qui ont été inscrits sur la « liste
noire » par les puissances où le néolibéralisme en crise
domine encore. « Crime » impardonnable à leurs yeux, qui
explique les torrents de larmes que les « grands » médias
versent sur ce pays où pourtant le sang a cessé de couler, et qui
se reconstruit après des décennies de guerre sauvage entretenue par
ceux là même qui font diffuser ces récits larmoyants.
La
Rédaction
Entretien avec
Jean-Pierre Page sur le Sri Lanka
Mars 2011
Q-
Presque deux ans après la fin de la guerre, on continue à assister
à l'orchestration d'une campagne au sujet de la fin de la guerre au
Sri Lanka. On a parlé d’un bain de sang et il y a eu récemment le
témoignage de l’Évêque de Mannar ?
Certaines
ONG ont une manière péremptoire, à la façon des « grands »
médias, de présenter des contre-vérités comme étant des
évidences ! C'est une technique totalitaire bien connue, dont en
abuse sans limites.
Comme disait à l’intention des médias James Shea, porte parole de
l’OTAN aux temps de l’agression contre la Yougoslavie :
« L’opinion,
ça se travaille. »
Dans
l’affaire Gordon Weiss, le New
York Times
avait complaisamment relayé les mensonges de ce provocateur sur le
thème « l’ONU
parle de bain de sang »,
l’AFP elle, avait titré sur « l’ONU
dénonce un bain de sang au Sri Lanka »,
puis avait poursuivi en affirmant « la
condamnation par l’ONU du bain de sang, et de l’assassinat de
civils, dont 100 enfants ».
Il a pourtant été ensuite prouvé que Gordon Weiss mentait
délibérément !
Pourtant
deux ans après, des gouvernements, médias et ONG continuent à marteler
ces pseudos arguments. C’est le cas en France avec la Maison du
Tamil Eelam France qui relaie ces campagnes sur le thème : « Dix-huit
mois après le massacre du peuple tamoul, il faut sortir du
silence ».
Pour
arriver à faire cette « démonstration », cette
association s’appuie sur des chiffres manipulés, comme par exemple
ceux faisant état de 146 679 disparus dans le Vanni. Comptabilité
aussi sinistre que macabre et qui est tout simplement malhonnête !
Pourquoi ?
Parce
qu’elle fait allusion à une déclaration de l'évêque de Mannar
devant la « Lessons
Learnt and Reconciliation Commission »
(LLRC).
Or, que dit cet ecclésiastique ?
En octobre 2008, sur la base d’un recensement, la population du
Vanni était de 429 059 personnes. Le 10 juillet 2009, les Nations
Unies, à travers son bureau des affaires humanitaires OCHA
ont estimé que 282 380 personnes avaient rejoint les zones
contrôlées par le gouvernement aux derniers instants de la guerre.
Rappelons à cette occasion qu'ils fuyaient une zone de 28 km2 où
ils étaient tenus en otages comme boucliers humains par Prabhakaran,
le chef du LTTE.
Il
s'agissait donc de personnes retenues de force et non pas de toute la
population du Vanni. La région du Vanni couvre les districts de
Mannar, Mallaitivu et Vavunya, soit 7 650 km2, et non 28km2.
D'octobre 2008 à février 2011, soit plus de deux ans après, on
peut considérer que des personnes se sont déplacées dans les
conditions de la guerre, qu'elles ont fuit les zones de combat et se
sont réfugiés au Sud, en particulier à Colombo. Mais avant tout
soyons clairs, nous ne disposons d'aucune information sur la
population du Vanni à ce jour. C'est peut être regrettable mais
c'est ainsi ! Par conséquent personne ne peut affirmer gratuitement
et sans preuves que ces « disparus » dont on nous parle
ne sont pas là !
Pourtant,
pour justifier ce procès en sorcellerie, toutes les
manipulations sont bonnes, ainsi celle qui consiste à soustraire
des chiffres qui n'ont rien à voir entre eux. C'est ce qui est
fait par certaines ONG, alors qu’OCHA préfère parler de
populations ayant rejoint les zones contrôlées par le gouvernement
et non pas de la population du Vanni en juillet 2009, donc encore
moins en février 2011. Si nous voulons être sincère, il faut donc
relire les déclarations exactes de l'évêque de Mannar.
Certains
affirment aussi qu' « une
partie de ces disparus ont péri sous les attaques indiscriminées
de l'armée ».
Ils parlent même de crimes contre l’humanité !Une accusation
purement gratuite, car qu'en sait-on? Quelles sont les preuves
qu'ils apportent ? Sont-elles celles provenant de Human
Rights Watch,
cette officine dont les liens avec les services d'intelligence
américains sont connus, tout comme sa relation avec le
National
Endowment for Democracy
! Veut-on parler de Reporters
sans Frontières
dont les financements et les relations avec la mafia
cubano-américaine de Miami sont connus et même revendiqués par
Robert Ménard lui-même, qui était son Président jusqu’à
récemment ? Ou veut-on encore parler du Tribunal
des peuples
à Dublin où tous les témoins étaient à charge, et pour certains
comme Karen Parker,
connus
pour être des activistes partenaires du LTTE depuis de nombreuses
années.
Ou veut-on enfin parler d’Amnesty
International
dont on vient d’apprendre qu’Irène Khan, son ancienne Secrétaire
générale et son adjoint bien connus tous les deux pour leurs
campagnes hostiles à l’égard du Sri Lanka se sont attribués des
primes de 533 000£ et de 325 244£, soit plus de quatre fois leur
salaire annuel ?
Mais
si l’on veut être sérieux, pourquoi alors ne pas débattre de la
mise en place par le président Mahinda
Rajapksa de la "Lessons
Learnt and Reconciliation Commission"
(LLRC) dont le travail déjà accompli et les recommandations sont
tout à fait remarquables ! Pourquoi
ne pas débattre également de la réhabilitation ces derniers jours
de 5 902 combattants Tigres ?
Et des 1
889 femmes ex-cadres LTTE et de 231 enfants ex-enfants soldats qui
l’ont été également ! Parmi ces derniers, on peut déjà
préciser que sur 97 filles, 65 ont réussi leur baccalauréat !
Pourquoi
ne pas débattre également des motivations et des objectifs réels
de la Haute Commissaire aux droits de l’homme à Genève, Navi
Pillay, dont la dépendance a l’égard de l’agenda des pays
riches semble beaucoup plus marqué que celui d’appliquer les
recommandations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce qui
sur le Sri Lanka fut le fruit, on s’en souvient, de
la mobilisation des pays non alignés et des gouvernements
progressistes d’Amérique Latine, comme Cuba, le Brésil, le
Venezuela, le Nicaragua, l'Equateur, la Bolivie pour ne parler que de
ceux là...
On
ne dira non plus jamais assez que c'est un gouvernement de droite
pro occidental qui libéralisa et privatisa les ressources du Sri
Lanka qui contribua à créer le lit du séparatisme. Et qui noua
ensuite une alliance avec les Tigres du LTTE pour éliminer la
gauche, tant cingalaise que tamoule. Cette même gauche qui est
aujourd'hui au pouvoir à Colombo et qui a mis fin au terrorisme et à
la guerre ! C'est encore cette même gauche (trotskystes,
communistes, sociaux-démocrates, et patriotes de diverses
obédiences) qui entend contribuer à la réconciliation par la
compréhension de ces douloureux événements. Aujourd’hui, on veut
aller au fond des causes et des conséquences, mais pas sous la
pression, et encore moins sous celle qui prend la forme d’ingérences
étrangères !
Cette
guerre de 30 ans ne fut JAMAIS un conflit ethnique, et encore moins
une guerre civile ! « Cette
guerre n’était pas une guerre contre les Tamouls, mais contre le
LTTE »,
et la victoire obtenue, si elle fut militaire, fut avant tout
politique ! Ce fut celle de toute la nation et de tout le peuple
vivant au Sri Lanka !
Q :
Mais peut-on revenir sur les déclarations de représentants de l’ONU
comme Neil Buhne ou encore Gordon Weiss ?
Neil
Buhne, représentant de l'ONU à Colombo, est connu pour avoir donné
des chiffres fantaisistes sur le nombre des victimes, et cela pour
les besoins des médias. Il
a ensuite reconnu devant les ambassadeurs en poste à Colombo
qu'il avait exagéré et n'avait aucun début de preuves. John
Holmes, Secrétaire général adjoint de l'ONU de son côté, a
déclaré plus tard “ces
chiffres n'ont pour nous aucun statut, honnêtement nous n'en
savons rien...”
J’ai
déjà évoqué les contre-vérités de Gordon Weiss, ancien porte
parole de l’ONU à Colombo, portant sur le nombre de victimes. Ses
propos ont été catégoriquement contestés et rejetés par les
Nations Unies dans une déclaration de février 2010. En aucun cas
Gordon Weiss n’engageait l’ONU !
L’ONU a fait preuve de retenue dans l’appréciation du nombre de
victimes et rappelait dans une déclaration sur ce sujet que « son
soutien allait au gouvernement sri lankais dans ses efforts de
reconstruction des communautés et la recherche de solutions
pacifiques » !
En
fait, Gordon Weiss faisait allusion aux témoignages attribués à
des docteurs tamouls du Vanni, tout particulièrement au Dr.
Shanmugarajah, responsable à l’hôpital de Mullaitivu ! Dans son
témoignage devant la Commission de réconciliation (LLRC), il devait
préciser au sujet des chiffres très élevés de victimes dont il
avait témoigné dans les dernières semaines de la guerre :
« qu’il
était contraint d’augmenter les chiffres. S’il y avait 75
blessés, nous devions dire 275, et même 575. Quand on lui a demandé
qui exigeait de faire ainsi, il a répondu sans hésiter : le
LTTE nous le demandait ! Il a ajouté que les chiffres réels
sont connus du staff
de l’hôpital de Mullaitivu et à disposition. »
On a aussi interrogé le Dr Shanmugarajah sur l’assistance apportée
par les autorités, et celui-ci a déclaré « que
le gouvernement sri lankais a payé les salaires de toute l’équipe
médicale. Les fournitures, les médicaments étaient fournis par le
gouvernement, à aucun moment le LTTE n’a fourni aide ou soutien
financier » !
Je
pourrai également évoquer les témoignages du Dr. Sathiyamoorthy et
du Dr Keethaponcalam. Ils sont tous accablants pour le LTTE !
Voila donc ce qu’il en est en réalité des déclarations de Gordon
Weiss.
Q :
Le LTTE se considérait comme le seul et unique représentant des
Tamouls. Est-ce que c'est cela qui l'a conduit à éliminer
physiquement ceux qui s’opposaient à cette vision, en particulier
la gauche tamoule ?
Pour
les Tigres et leur chef, le psychopathe Prabhakaran, tous « ceux
qui ne sont pas avec nous sont contre nous »,
et s’agissant des Tamouls en désaccord avec les positions du LTTE,
ceux-ci n’étaient rien moins à leurs yeux que des traitres qu’il
fallait éliminer. Ce discours continue d'ailleurs à être tenu par
les dirigeants de la Maison du Tamil Eelam France, en particulier son
président Mr. Thiruchchothi. Comme il me l’a écrit récemment, il
était normal selon lui d'éliminer
les dirigeants de gauche, ceux du EPRLF en particulier, puisque
toujours selon lui, ils étaient liés aux Indiens.
Il
faut un sacré culot pour affirmer cela après la conclusion des
"Peace
accords"
entre
l'Inde et Sri Lanka en 1987, accords qui avaient conduit à une
négociation secrète entre Prabhakaran, Anton Balasingham et Rajiv
Gandhi, le 27 juillet 1987. Ce fut à cette réunion d’ailleurs que
le sort de l’EPRLF fut scellé !
Avec
cette curieuse façon d’écrire l’histoire, on tait le fait que
les premiers camps d'entrainement militaires dont le LTTE a bénéficié
furent installés en Inde par une décision d'Indira Gandhi. On
pourrait aussi aborder la question des camps de Kulathur dans le
district de Salem. Ou évoquer les camps installés au Tamil Nadu
indien où 20 000 combattants avaient obtenu de la part du
gouvernement central de l'Inde toute l'aide matérielle et financière
nécessaire. Ce n'est d'ailleurs pas le seul endroit où les Tigres
purent ainsi s'entrainer avec l'assistance de militaires Indiens. Ce
fut également le cas en Uttar Pradesh, à Delhi, Bombay,
Vishakhapatnam. Le camp le plus secret étant celui de Chakrata, au
nord de Dehra Dun. On peut consulter d'ailleurs sur ce sujet les
excellentes photos d’archives des principaux dirigeants du LTTE
comme Prabhakaran, Pottu Amman, Karuna dans les camps d'entrainements
indiens de Sirumalai .
Des
amis tamouls qui ont bien connu les débats en 1983 avec
les représentants du LTTE ayant eu justement lieu dans le Sud de
l'Inde m'ont fait remarquer que le comportement du LTTE n'a pas
varié. Le LTTE a toujours eu la prétention de dominer et
d'imposer, y compris par la violence, sa vision séparatiste et
chauvine aux groupes de la gauche tamoule. Et c'est encore le cas
aujourd'hui ! Comme le souligne souvent Fidel Castro, les
révolutionnaires doivent assumer une éthique qui les distingue des
forces réactionnaires et rétrogrades. Voila pourquoi le LTTE a
toujours été totalement étranger au combat anticolonialiste et
émancipateur des peuples.
Q :
Certes, mais le LTTE se présente souvent comme une organisation de
gauche qui ferait même référence au socialisme ! Qu’en
est-il ?
Je
veux répondre à cette nouvelle falsification à laquelle le LTTE se
livre et cette prétendue référence au socialisme. Encore
une fois en évoquant l’histoire, celle de la déclaration de
Vaddukoddai du 14 mai 1976
à laquelle le LTTE et ses représentants en France font référence
dans le but d'abuser leurs interlocuteurs sur le fait qu’ils
seraient de gauche et en faveur d'un programme socialiste.
Pour
les Tigres et dans sa traduction concrète, le socialisme n'est
évidemment qu'un slogan à usage externe, un prétexte et une
illusion. Mais dans ce cas particulier, le LTTE fait preuve en plus
d'une tromperie sinistre à un point difficilement imaginable. Cette
déclaration de Vaddukoddai n'a pas été faite par le LTTE, mais par
le TULF, un parti politique modéré, représentatif de l’élite
tamoule du Nord. Celui-ci s’était assigné comme but la création
d’un État séparé. Depuis, le TULF participe toujours à la vie
politique nationale du Sri Lanka. Sa critique du LTTE est constante,
au point de considérer le LTTE comme responsable d'un véritable
génocide vis à vis des Tamouls. Selon le témoignage
d'Anandasangaree, l’actuel Secrétaire général du TULF, « plus
de 50% des Tamouls déclarent qu'ils vivent en paix parmi les
Cingalais et c'est le LTTE qui est impliqué dans un génocide et non
pas les Cingalais ».
Voilà pourquoi cette référence est scandaleuse. Puisque le monde
entier devrait savoir la responsabilité du LTTE dans l'assassinat de
nombreux dirigeants du TULF, dont les maires de Jaffna et surtout le
meurtre d'Amirthaligam, Secrétaire général historique du TULF !
Voici
d'ailleurs une liste des crimes commis par le LTTE
contre des dirigeants du TULF. Parmi eux, je voudrai rappeler en
particulier la mémoire d'un des plus remarquables intellectuels de
sa génération, le constitutionaliste Neelan Thiruchelvam. Et voici
d’autres noms de personnes assassinées par les Tigres :
-
A. Amirthalingam, TULF, Secrétaire général et député,
-
Dr. Neelan Thiruchelvam, TULF, Vice-Président et député,
.
V.
Yogeswaran, TULF, membre du bureau politique and député TULF de
Jaffna,
-
V Dharmalingam, député TULF de Manipay, et père du leader du
PLOTE,
D. Siddharthan,
-
Alakasunderam, Ex-membre
du TULF, député de Kopay,
-
Velmurugu Master, Organisateur du TULF et membre du « Comité
citoyen » de Kalmunai,
-
S. Sambandamoorthy, Président du TULF, membre du conseil du
« District
Development Council »
de Batticaloa,
-
A. Thangadurai, TULF, député de Trincomalee,
-
Mme Sarojini Yogeswaran, TULF, maire de Jaffna,
-
Pon Sivapala, TULF, maire de Jaffna,
-
Sam Thambimuttu, TULF, député de Batticaloa,
-
Mme Thambimuttu, épouse du député TULF de Batticaloa,
-
Ponnuthurai Sivapalan, TULF, maire de Jaffna,
Par
conséquent les Tigres tamouls parlent du socialisme, mais ils ont
assassiné les principaux auteurs de la Résolution de Vaddukoddai
qui fait explicitement référence au socialisme et à un État
séparé tamoul. Et comme on peut également le savoir, le le LTTE ne
s’est pas arrêté là dans cette sinistre besogne puisqu'ils ont
également assassiné les dirigeants de la gauche, dont voici une
liste très partielle :
S.
Wijayanadan, Secrétaire de district du Parti communiste de Ceylan,
K.
Padmanabha,
Secrétaire général,
EPRLF,
P.
Kirubakaran, Membre du Conseil provincial du Nord-Est,
V.
Yogasangari, EPRLF, député,
Razick,
Suprême du EPRLF et chef de sa branche armée,
Kethishwaran
Loganathan, EPRLF, porte-parole et député, Secrétaire général
adjoint du Sri
Lanka Peace Secratariat,
SCOOP,
George,
dirigeant
du EPRLF,
Veerahaththy
Gunaratnam, PLOTE, membre du « Pachchilaipalli
Pradheshiya Sabha »
(PS) à Jaffna,
N.
Manickathasan, Vice-Président du PLOTE,
R.
R. Vasudeva, dirigeant du PLOTE,
Canagasabai
Rajathurai, membre
de l’EPDF
à Jaffna,
Anton
Sivalingam, EPDP, membre du Conseil municipal de Jaffna,
Ms.
Maheswary Velautham, Avocat et conseiller du Ministre tamoul des
services sociaux et du bien-être social, Douglas Devananda, qui
lui-même a échappé à une douzaine d’attentats,
Dr.
Mme Rajini Thiranagama, Professeur à l’Université de Jaffna,
fondateur de l'association « universitaires pour les droits de
l'homme », et romancière renommée, auteur du livre « The
Broken
Palmyrah »,
A
cette liste macabre, il faudrait encore ajouter tous les membres du
Comité central du EPRLF, sans oublier non plus tous les militants de
gauche qui, sans occuper des responsabilités importantes, n'en
étaient pas moins les défenseurs de la cause du socialisme. Comment
peut-on dès lors parler de socialisme et dans le même temps
assassiner ceux qui défendent cette idée ? Mao Zedong stigmatisait
les hypocrites « qui
brandissent le drapeau rouge pour mieux lutter contre le drapeau
rouge ! »
Enfin,
il faut aussi rappeler que les mouvements de libération nationale,
et les révolutionnaires ont toujours attaché beaucoup d’importance
dans les zones qu’ils libèrent à mettre en place des structures
sociales progressistes. Mais quand on découvre à ce sujet le bilan
du LTTE, cette pieuvre aux multiples facettes comme le TRO
ou la Maison de Tamil Eelam, on est stupéfait. Faisons l'état des
lieux des réalisations du LTTE dans les territoires qu'ils
contrôlaient, et on trouvera leur propos consternant de cynisme et
d'arrogance. Leur pseudo-capitale Kilinochi fut abandonnée à l'état
de ville fantôme ! Comme les nazis, le LTTE a pratiqué la politique
de la terre brûlée et ont tout détruit avant l'arrivée de l'armée
sri lankaise. Cela a été d'autant plus facile il est vrai,
puisqu’ils n’avaient pas construit d'écoles et de dispensaires,
mais des salles de police, des tribunaux et des prisons avec salle de
tortures ! Il y a chez eux une curieuse association de caractères
ayant donné naissance à un monstre qu'aurait fabriqué ensemble Pol
Pot et Meyer Lanski !
Q :
Mais il y a eu l’ISGA (interim
self governing authorithy) ?
Le
LTTE est passé maître dans l'art de bluffer ses interlocuteurs. Ces
propositions pour la négociation avec le gouvernement sri lankais de
l’époque, c'est-à-dire le gouvernement de droite, reposaient sur
une idée simple : rendre incontournable la reconnaissance du LTTE
comme seul représentant des Tamouls de Sri Lanka. Dans ce marché de
dupes dans lequel il avait l'ambition de faire tomber le gouvernement
de Colombo, le LTTE avait trouvé le soutien des USA en la personne
de Richard Armitage, à l'époque Sous-secrétaire d’Etat, du chef
de la Mission de l’Union européenne au Sri Lanka, avec la
coopération étroite du gouvernement norvégien.
Le
cessez le feu qui avait précédé ces négociations permettait
également de gagner du temps
pour permettre au LTTE de réarmer afin de faire comme il avait
toujours fait dans les négociations : les quitter de façon
provocatrice afin de reprendre les attentats et les opérations sur
le terrain. Cette technique lui a ainsi permis de disposer d'une
véritable armée conventionnelle avec les armements les plus
sophistiqués que permettait son revenu annuel estimé à 320
millions de dollars, fruits de ses rackets et trafics divers. Cette
« Eelam
entreprise »
dont parle si bien une ancienne membre des Tigres, Nirmala
Rajasingam, dont la sœur médecin et militante des droits de l'homme
fût assassinéé à Jaffna par le LTTE.
Mais
pour revenir au ISGA, l'idée même de négociation était un abus de
langage puisque la position intransigeante du LTTE consistait à se
tenir à la position suivante : « c'est
à prendre ou à laisser ».
Tout étant fixé unilatéralement, la négociation apparaissait donc
vide de sens. Très vite il lui suffisait de déclarer « la
guerre inévitable »,
et le tour était joué. En fait, l’ISGA consistait à donner pour
une période de cinq ans tous les pouvoirs au LTTE, donc à lui
permettre d’établir sa dictature !
Jugez
vous mêmes.
-
Le ISGA devait avoir selon ses propositions une majorité absolue de
personnes nommées par le LTTE.
-
Le Président de l’ISGA devait être issu du LTTE. Ce serait donc
Prabhakaran !
-
L'administrateur de la province Nord-Est et ses adjoints devaient
être aussi membres du LTTE. Le Président aurait en plus le pouvoir
de mettre fin à tout mandat.
-
Le LTTE aurait eu ainsi le pouvoir de nommer et de licencier à tous
les postes de fonctionnaires dans « sa » province.
-
Les élections qui devaient être organisées après cinq ans
devaient elles-aussi être contrôlées par l'ISGA, autant dire par
le LTTE.
-
Les droits de l'homme, les droits des citoyens dans la province
seraient suivis par une commission « indépendante » mise
en place par l'ISGA, donc là encore par le LTTE, qui comme on le
sait est censé être expert dans ce domaine particulier !
Voila
donc à quelle "égalité" les Tamouls
du Sri Lanka ont heureusement pu échapper !
En
fait, il ne s'agissait pas de transférer plus de pouvoir aux Tamouls
et à la province Nord-Est, mais de donner tout le pouvoir au LTTE
sur ce territoire, prélude à la mise place d'un État séparé
dominé par les Tigres du LTTE: « a
Tiger state ».
En quelque sorte, il s'agissait de créer un fait accompli. Voilà
ce que le gouvernement de droite et son 1-er ministre, Ranil
Wickremesinghe, avec le soutien de puissances étrangères devait
accepter de discuter, sinon ce serait la guerre. Tout simplement la
guerre !
Au
fond avec l’ISGA, le LTTE pensait avoir le moyen d’obtenir une
majorité absolue aux élections, ce qui n'avait jamais été le cas.
Jamais en effet, celui-ci n’est arrivé à représenter la majorité
des Tamouls, le mieux qu’il ai obtenu, au pic du contrôle
Prabhakaran Prabhakaran totalitaire qu’il exerçait, ne fût jamais
plus qu’en 2001 avec le TNA,
sa marionnette, avec 41,54% des voix pour la province du Nord-est,
avec toutes les pressions, menaces et fraudes alors possibles !
On comprend mieux dès lors pourquoi lors des premières élections
libres en 2010, les résultats des candidats soutenant Mahinda
Rajapaksa ont tous progressé de façon significative, pendant que
les candidats et alliés du LTTE s'effondraient. Il est intéressant
de noter que le même phénomène se produisit en Inde dans l’état
du Tamil Nadu, à la veille de la chute de Prabhakaran !
Cela
étant dit, il est donc heureux qu’aujourd’hui d'autres forces
politiques et sociales représentent les Tamouls, tout comme
d'ailleurs les autres groupes ethniques du pays, Cingalais, Burghers,
Musulmans et au fond tous les Sri lankais sans distinction d'origine,
de religion, de culture, de langue, de conviction, afin qu’ils
construisent leur unité, sans ingérence étrangère.
Q.
On évoque souvent l’exemple du Kosovo et du Sud-Soudan pour
crédibiliser le projet séparatiste des Tigres du LTTE et de ceux
qui les représentent aujourd’hui. Qu’en est-il ?
Pendant
longtemps, le modèle que certains voulaient appliquer au Sri Lanka
c’était le Kosovo, aujourd’hui c’est le Sud-Soudan ! Mais
si vous observez la situation internationale, vous constaterez que
partout où l’impérialisme cherche à regagner des positions en
déstabilisant les gouvernements en place, on invoque la solution
« miracle » de l’Etat séparé. On accompagne souvent
celle-ci du besoin d’ingérence humanitaire cher à Bernard
Kouchner, au nom du fait qu’il faudrait sauver les populations des
persécutions de leurs dirigeants ou de l’incapacité de ces
derniers à administrer la fameuse « gouvernance »
occidentale ! C’est le cas actuellement en Libye et ailleurs.
Par ailleurs, la réforme des Nations Unies évoquée dans un article
publié par La
Pensée Libre
contribue à cette vision.
Dans ce sens, on peut affirmer que les héritiers du LTTE sont de
chauds partisans de l’ingérence étrangère.
Voilà
justement pourquoi les USA, tout comme à l'époque de Richard
Armitage, soutiennent de tels projets séparatistes. Parce qu’ils
servent leurs intérêts géostratégiques de domination mondiale.
Dans le cas du Sud-Soudan, de la Libye, comme du Sri Lanka, l'odeur
du pétrole n'y est pas étrangère, tout comme d’ailleurs le
contrôle des corridors maritimes dont on ne dira jamais assez qu’ils
constituent un enjeu capital pour les puissances impérialistes.
C’est
entre autre pourquoi on a vu se constituer dans les pays riches et
autour des Tigres du LTTE un réseau de soutien au plus haut niveau,
conduisant les séparatistes à solliciter une intervention étrangère
au Sri Lanka, quitte à promettre de céder ensuite l'usage du port
en eau profonde de Trincomalee à la 7ème flotte des Etats Unis.
S’agissant
du Kosovo qui fut longtemps un modèle pour les Tigres, il est
intéressant de noter la similitude entre les méthodes du LTTE et
celles du groupe mafieux albanais issu de l’UCK, cette pseudo-armée
de libération financée par les Occidentaux et entrainée entre
autre par l'Allemagne, et à qui les puissances occidentales ont cédé
unilatéralement le pouvoir. A ce sujet, on vient de découvrir avec
intérêt que le 1er ministre du Kosovo et ancien chef de l'UCK,
Hacim Taci est responsable d'un trafic d'organes d'êtres humains, en
particulier de Serbes. Cette révélation du Comité du Conseil de
l'Europe fait suite à un rapport accablant du parlementaire Suisse
Dick Marti !
Il
en va de même avec le Sud-Soudan.
A l’occasion de la séance inaugurale du « Transnational
Government of Tamil Eelam »
(TGTE) tenue sous les drapeaux Tigres et étatsuniens à
Philadelphie, on a donné la parole à Domach Wal Ruach, Secrétaire
général du Sudan
People’s Liberation Movement
(SPLM) qui a exhorté à organiser la diaspora tamoule. Il a fait
remarquer que le TGTE, héritier du LTTE, devrait suivre leur exemple
en travaillant étroitement avec les USA, car sans « leur
aide magnifique »
rien concernant le Soudan n’aurait pu être obtenu.
Q :
Comment se réorganisent les Tigres du LTTE ?
Aujourd’hui,
personne n’ose plus se déclarer membre du LTTE, même Tamilnet
le site officiel des Tigres ! Même Rudrakumaran, Premier
Ministre du TGTE et pourtant important dirigeant du LTTE chargé de
l’achat des armes, se garde bien de faire référence au LTTE. En
fait, si l'on écoute la conception simplificatrice que les médias
nous présentent : cette guerre qui a duré 30 ans mettait face à
face l'armée de l'État Cingalais et les Tamouls ! C'est même à se
demander si le LTTE et Prabhakaran ont existé ! C'est également le
leitmotiv de ces ONG, de ces politiciens occidentaux, et prétendus
experts qui de façon caricaturale évoquent la fin de la guerre sans
d'ailleurs parler des causes de celle-ci ou de la situation
présente !
Pour
légitimer cela, on a même vu se constituer à l’occasion des
récentes élections présidentielles et parlementaires au Sri Lanka
des alliances étonnantes, mais au fond significatives. Ainsi, le
TNA qui est comme chacun sait représente la couverture du LTTE a
accepté une alliance électorale avec le parti de droite UNP
ceux-là mêmes qui au pouvoir pendant plus de 20 ans ont entraîné
le pays dans la guerre, avec le JVP
un parti chauvin qui refuse l’État séparé, et qui se réclame de
la gauche, et le tout pour soutenir en finale le Général Fonseka,
le chef d’Etat-Major des armées, c'est-à-dire celui-là même qui
a dirigé les opérations militaires jusqu'à l'effondrement du
dernier carré des dirigeants du LTTE !
Cela
étant dit, il y a une bataille
pour le leadership
du mouvement séparatiste, et donc certaines différences existent
entre par exemple Rudrakumaran, le chef du « Transnational
government of Tamil Eelam »
qui rêve d'une solution sécessionniste à la soudanaise, et les
positions de Nediyavan qui prône le retour à la terreur, qui est
connu pour sa violence et qui est considéré comme un homme
particulièrement dangereux. Il est installé en Norvège.
Il
faudrait aussi évoquer le rôle de Pathmanathan, « KP »,
ancien responsable international et l'un des plus importants chefs du
LTTE, qui a décidé de collaborer avec le gouvernement de Colombo
par le biais de son organisation, le NERDO.
Il
n'est d’ailleurs pas le premier dans ce cas, puisque depuis
plusieurs années, le colonel Karuna, un autre ancien dirigeant des
Tigres qui a rompu avec le LTTE, est maintenant membre du
gouvernement de Mahinda Rajapaksa.
Q :
Et qu’en est-il donc du TGTE et de sa relation avec la maison du
Tamil Eelam France ?
Il
est important en effet de clarifier la relation entre le LTTE, la
Maison du Tamil Eelam France, « Global
Tamil Forum »(GTF),
le « Transnational
Government of Tamil Eelam »
(TGTE) et ses protecteurs afin de démontrer que tous ces gens
appartiennent bien au LTTE. A ce sujet, il faut signaler que le LTTE,
malgré l’appui de ses nombreux relais européens financés par son
« trésor de guerre », vient
d'être de nouveau listé comme organisation terroriste par l'Union
européenne. Reste donc à savoir ce que l’on fera au sein des
gouvernements européens, à commencer par celui de Nicolas Sarkozy
pour appliquer cette salubre décision !
On
entend parler parfois de la Maison de Tamil Eelam comme si celle-ci
était une organisation humanitaire et qu’elle était indépendante
du LTTE. Je vais donc démontrer qu’il n’en est rien.
Le
Global
Tamil Forum (GTF),
dont la Maison du Tamil Eelam France est une des organisations
fondatrices, a été mis en place le 26 mars 2009 au Crown
Plaza Hotel
de Londres ! Dans sa résolution finale, outre l’exigence d’un
« État
séparé »,
y a été réaffirmé que « le
LTTE est l’unique et authentique représentant des Tamouls ».
Le GTF coordonne les efforts de mise en place et les activités du
« Transnational
Government of Tamil Eelam »
(TGTE) qu’anime l’avocat New-Yorkais Visuvanathan Rudrakumaran,
que nous venons de mentionner plus haut. Celui-ci se préoccupe
également du « United
States Tamil Political Action Committee »
(USTPAC), qui maintient des rapports étroits avec le Département
d’Etat des USA pour influencer les politiciens de ce pays, comme
des autres pays occidentaux, dans le but de « contribuer
à créer un climat psychologique du type de celui qui a prévalu au
Kosovo afin de favoriser la création d’un État séparé,
indépendant et souverain ».
Cette
réunion du GTF à Londres fut parrainée par David Miliband, à
l’époque Ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, et
qui s’adressa aux délégués.
Le premier ministre Gordon Brown quant à lui, salua l’événement.
David Cameron qui l’a remplacé depuis adressa un message de
soutien. Pour la partie US, on pouvait compter sur Jesse Jackson,
présenté comme « l’ami d’Obama », sur l’Assistant
secrétaire d’Etat aux affaires du Sud-Est asiatique étatsunien,
Robert Blake, qui fut précédemment ambassadeur à Colombo, mais
surtout sur l’un des responsables du
lobby
LTTE au Sénat US : le sénateur Robert Casey, Président
du : « Foreign
relations subcommittee on near easter, south and central asian
affairs ».
Il devait dans un long message, et pour s’en féliciter, souligner
le rôle de l’USTPAC dans son action pour « éduquer
les politiciens US ».
Casey est un homme lige d’Hillary Clinton qui, il faut le rappeler,
bénéficia tout comme Obama de la contribution financière du LTTE
pour leurs élections dans les primaires démocrates ! Bob Casey
est l’homme en pointe sur cette région du monde aux côtés de
Robert Blake. Ce dernier a été le promoteur du rôle donné à la
« diaspora » et comment utiliser ce concept dans la
nouvelle stratégie de déstabilisation du Sri Lanka. A cette fin et
aux côtés de Richard Boucher, Sous-secrétaire d’Etat pour l’Asie
du Sud, il a reconnu être en contact étroit avec des organisations
tamoules aux USA ! Il n’est pas inutile de souligner qu’il a
été remplacé à Colombo par Patricia Butenis, ex-numéro deux US à
Bagdad et très ancienne protégée de John Negroponte dont on
connaît les exactions en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et
en Irak.
Celle-ci s’est déjà faite connaître par ses provocations au
sujet de populations déplacées au Sri Lanka.
Tous
ces gens ont leur entrée chez l’influent sénateur Patrick Leahy,
Président tout à la fois du « Judiciary
committee »
et du « Sub-Committee
on Foreign Operations »
du Sénat US, et qui s’est particulièrement distingué à travers
des actes hostiles au Sri Lanka, avec par exemple la réduction de
l’assistance économique. Comment dès lors, de tels politiciens
pourraient-ils prétendre qu’ils flirtent avec le LTTE sans le
savoir ? Un peu d’ailleurs comme le font certains élus de
différentes obédiences de la région parisienne, en particulier en
Seine-St. Denis et dans le Val de Marne qui prétendent ignorer
l’étroite complicité entre le LTTE, le TGTE et la Maison de Tamil
Eelam !
Pour
repositionner la place dorénavant impartie à la « diaspora »,
c’est Pathmanathan, alias KP, qui, en réunissant quinze
organisations ou disons plutôt quinze « ONG », chargées
de la couverture du LTTE a mis en place le GTF. Parmi ces
organisations, on trouve le Canadian
Tamil Congress,
le British
Tamil Forum,
le Swiss
Tamil Forum
et bien sur la Maison de Tamil Eelam France …toutes engagées pour
la création d’un Etat ethnique Tamoul séparé, avec à leur tête
le LTTE. KP qui fut le responsable international du LTTE, son grand
argentier, mais surtout son intermédiaire auprès des gouvernements
occidentaux, est un des deux architectes de ces deux structures
gigognes avec son complice Rudrakumaran du TGTE.
Avec
le GTF et pour aider à la création du TGTE, on a mis en place
simultanément à ces structures le « Advisory
Committee on formation of TGTE ».
Parmi ses membres, on trouve l’étatsunienne Karen Parker et le
Hollandais Peter Schalk, deux conseillers, activistes et
partenaires du LTTE depuis de nombreuses années ! Pour ces
adeptes des théories de Joseph Nye sur le « soft
power »
et le « smart
power »
on ne saurait renoncer à l’usage de la force militaire, mais il
faut également être capable de convaincre les gouvernements des
pays occidentaux, les alliés, de combiner celle-ci avec
« l’asphyxie » de l’économie d’un pays, et surtout
la coercition comme moyen pour le faire céder. Autant de moyens qui
violent le droit international et la Charte des Nations Unies !
Le
TGTE, dont le siège est à New York, avenue
of Americas,
entend s’appuyer exclusivement sur la diaspora tamoule. Pour ce
faire, on a procédé à « l’élection » d’une
assemblée constituante de représentants à partir d’un certain
nombre de pays. Fidèle aux recommandations de Robert Blake, on
contrôle et manipule ceux qui vivent à l’étranger. Il est par
conséquent significatif que ne figure ni parmi le « gouvernement
transnational » ni parmi les élus de cette assemblée
constituante des Tamouls vivant au Sri Lanka. Il est tout aussi
significatif que plusieurs représentants de la maison du Tamil Eelam
France à cette constituante, comme son Président Thiruchchothi, ont
vu leur élection contestée pour fraudes et manipulations par la
propre commission électorale mise en place par les organisateurs
eux-mêmes de cette farce.
Ce qui témoigne en fait de la crise au sein des Tigres du LTTE !
Q :
Comment se présente aujourd’hui la situation des déplacés ?
Quelle est la situation au nord et à l’est du Pays ?
Sur
ce sujet, nous pouvons signaler les mouvements qui s’opèrent dans
la diaspora tamoule avec le nombre important de réfugiés qui font
le choix de revenir vivre au pays. Si en 2009, seulement 843
personnes avaient fait cette démarche, ils étaient 2 054 l’an
passé avec l’aide du HCR des Nations Unies, chiffre auquel il faut
ajouter 2 742 personnes l’ayant fait à titre personnel, puis qui
se sont enregistrées auprès des services de l’ONU.
Voilà
sans doute pourquoi le Haut comité aux réfugiés (HCR) de l’ONU
s’est félicité dans une déclaration de l’action positive en ce
domaine du gouvernement sri lankais de Mahinda Rajapaksa. Il y est
souligné « le
caractère positif des actions du gouvernement en faveur des 280 000
déplacés obligés de quitter leurs maisons dans la dernière phase
de la guerre »
Le HCR ajoute que le Sri Lanka « continue
à évoluer positivement » !
Pour
l’essentiel et dans un temps record, malgré la présence de 1,6
million mines dans 640 villages. Sur approximativement 300 000
personnes qui avaient été déplacées, seules 12 000 resteraient à
être réinstallées !
Le Nord et l’Est du pays sont donc enfin revenus à une situation
de paix et de sécurité, et cela grâce à un formidable mouvement
de solidarité nationale.
Il
faut évidemment reconstruire des infrastructures, des routes, des
ponts, des chemins de fer et des installations scolaires, des centres
médicaux sociaux, il faut reconstruire des conditions de vie
normales pour tous ceux qui ont été affectés par la guerre …Il
faut organiser la réhabilitation de combattants LTTE et plus
spécialement des enfants soldats que le LTTE enrôlaient de force.
D’importants programmes de formation ont ainsi été mis en place,
y compris avec l’aide de plusieurs agences de l’ONU, dont
l’UNICEF. Des priorités à l’emploi leurs sont accordées.
L’important
programme de développement agricole a permis par ailleurs de faire
passer sa part dans le PNB de 4% à 12% en quatre ans. La pêche a
fait un bond en avant de 97%. Le Sri Lanka est maintenant
auto-suffisant pour le riz. Dans ces conditions, la croissance du
pays est proche de 8% en 2010, avec une inflation stabilisée à 6%.
Au cours des cinq dernières années, la pauvreté a décliné de
15,25% à 7,6%, et le chômage a été ramené à 5%.
Selon
les indicateurs du « Rapport
2010 du Forum Economique Mondial »,
le Sri Lanka est classé au tout premier rang pour les indices
concernant la santé et la survie, 6ème
pour l’exercice des droits politiques et la participation des
citoyens, et un des vingt premiers pays au monde pour l’égalité
des droits hommes /femmes !
Ces
résultats comptent cependant bien peu pour ceux qui n’ont pas
renoncé à leurs objectifs. Les Tigres du LTTE, rebaptisés
Transnational
Gouvernment of Tamil Eelam
ne sauraient nous abuser ! Partisans de l’ingérence
étrangère, ils appellent dans une déclaration récente à faire au
Sri Lanka ce que les puissances impérialistes ont l’intention de
faire en Libye.
Pour eux, l’ONU, déjà instrumentalisé comme on le sait, n’aurait
d’autre raison d’être que de légitimer des actes de coercition,
d’interventions, de pressions des grandes puissance, au premier
rang desquels les USA.
Aller
dans cette voie serait à coup sur établir au Sri Lanka
un protectorat au service de ceux qui pilleraient les ressources du
pays, violeraient les droits de l’homme comme il en va toujours, et
annexeraient le pays à leurs projets impérialistes de domination
mondiale. Comment dans ces conditions ignorer de tels enjeux ?
L’internationalisme ne saurait se réduire à une pétition
morale !
C’est
pourquoi, comme on le voit avec la Libye, les larmes de crocodile que
versent aujourd’hui certains gouvernements occidentaux,
politiciens, journalistes, médias, juristes de la cour pénale
internationale, dirigeants de l’ONU, ONG, sous des prétextes
hypocrites ne sauraient nous faire perdre de vue qu’au fond, c’est
toujours la vieille mentalité colonialiste et impérialiste qui
cherche à s’imposer comme une vision indépassable. Un peu comme
si les peuples n’auraient pour horizon que de vivre sous la tutelle
des plus forts et de leurs mercenaires.
D’une
certaine manière, le peuple de Sri Lanka, dans toute sa diversité,
nous a démontré qu’il n’y a aucune fatalité et qu’il ne sert
à rien de se résigner. Le moyen efficace de résister à
l’ingérence étrangère et donc au séparatisme, fut l’unité,
la solidarité entre Cingalais, Tamouls, Musulmans, Burghers, et la
défense scrupuleuse de l’indépendance, de l’intégrité, de la
souveraineté du pays, celui de tous les Sri Lankais !
Jean-Pierre
Page
jean.pierre.page@gmail.com
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